Nous avons les employés que nous méritons.
Après avoir eu le privilège de créer et gérer plusieurs équipes dans des contextes difficiles, et dernièrement ayant aidé de nombreux entrepreneurs qui avaient des soucis avec leurs collaborateurs, soit par manque de performance, soit en raison d’un niveau de turnover très élevé, j’en suis arrivé à cette conclusion qui ne devrait pas vous étonner : vos équipes vous ressemblent et sont le reflet de votre style de management.
Vous serez nombreux à me dire que votre secteur est très particulier, que dans votre industrie on ne peut pas trouver de gens compétents, que dans votre activité, « tout le monde sait qu’il est très difficile de garder son personnel… »
Plutôt que d’essayer de vous démontrer que le secteur, l’industrie, la taille de l’entreprise ou sa situation géographique ne sont pas des facteurs vraiment déterminants pour le bon fonctionnement de votre équipe, laissez-moi vous présenter une méthode en cinq points pour l’améliorer.
1. Le premier point se réfère à l’embauche, car c’est par là que tout employé doit passer. Si vous jetez un coup d’œil à une page d’annonces d’offres d’emploi ,vous allez voir que la plupart sont focalisées sur le savoir faire des candidats (expériences dans un poste similaire, connaissance du secteur, connaissances techniques, diplômes,…). Par contre le savoir être est très peu évoqué (esprit d’équipe, sociabilité, rigueur….) et encore moins les valeurs fondamentales. Pourtant, la chose la plus difficile à changer chez une personne est sa personnalité, qui s’exprime à partir de ses valeurs ses croyances et ses attitides. Quand nous sélectionnons un candidat, faisons-nous la comparaison entre ses valeurs fondamentales et celles de notre entreprise, analysons-nous son attitude pour la comparer au poste à pourvoir ? Ou, comme la plupart des employeurs, nous nous sentons rassurés par un candidat qui a une expérience similaire dans une industrie voisine ? Il faut privilégier les candidats qui sont en phase avec nous et notre équipe déjà existante, quitte à prendre plus de temps pour leur apprendre les « ficelles » de notre industrie, ou la technicité de leur fonction.
2. Le deuxième point pourrait venir en premier, car avant d’embaucher une personne nous devons avoir préparé une description détaillée de son poste avec les indicateurs de performance qui permettront au nouvel employé et à son superviseur de savoir objectivement si les résultats obtenus sont satisfaisants, et si non, de pouvoir prendre très rapidement des mesures.
3. Comment déléguer sans abdiquer ? Une des erreurs que nous commettons très souvent est de passer une semaine ou deux à former un collaborateur, puis de l’oublier pendant 3 à 4 mois pour découvrir que son niveau de performance n’est pas à la hauteur de nos attentes (qui souvent ne lui ont pas été communiquées – point 2.). La délégation est effective quand il y a un contrôle régulier des tâches et des résultats. Ceci est d’autant plus facile que vous ayez travaillé préalablement à l’arrivée de votre collaborateur sur le point 2. Typiquement, le contrôle s’effectue au début à des laps de temps très courts pour des tâches simples. Au fur et à mesure que le collaborateur prend de l’assurance on lui donne plus de responsabilités avec à chaque fois des indicateurs de performances clairs et des objectifs qui lui permettront de savoir avant vous si les résultats sont satisfaisants et d’anticiper les réactions de son superviseur.
4. Anticiper les besoins de formation et de soutien est un des piliers de la réduction du taux de turnover de son personnel. En effet, le sentiment d’être lâché dans leur poste avec peu de soutien de la part du superviseur est un des facteurs principaux de frustration chez les nouveaux employés. Avec de bons indicateurs de performances et un suivi régulier, le superviseur doit être à même de déterminer très rapidement les besoins de son collaborateur et de détecter si la frustration de l’employé est due à des problèmes de connaissances ou d’attitude. Ainsi, il pourrait mettre en place les solutions adéquates avant qu’il ne soit trop tard.
5. Pour boucler le cycle nous nous retrouvons devant la problématique de l’évolution des performances de vos collaborateurs dans la durée. C’est là que l’on découvre combien le point 1. est fondamental. En effet, il est bien plus facile de faire progresser une personne sur le chemin des connaissances techniques et des habilités spécifiques à un poste que de changer son attitude ou sa manière d’être. Si vos collaborateurs partagent les valeurs de votre entreprise, si vous leur avez communiqué la vision et la mission de votre entreprise et s’ils comprennent comment leurs actions influent sur les résultats que vous espérez obtenir, alors ils verront le sens de leur activité et seront bien plus motivés pour progresser.
Pour résumer les cinq points que je viens d’énoncer : Sélectionnez des candidats sur les valeurs fondamentales et l’attitude, ayez une description détaillée et des indicateurs de performance pour chaque nouveau poste, déléguez sans abdiquer, anticipez les besoins de formation et finalement partagez avec vos collaborateurs votre vision, mission et vos plans afin de donner un sens à leur activité et développer leur motivation.
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